Les Touaregs : un peuple oublié

Publié le par letouareg.over-blog.fr

un siècle après Eugène Menu, intendant de la première expédition transsaharienne faite en 1893, sa petite fille, Catherine Michelet, empreinta en 1993, le même itinéraire qui le guida d'Alger à Dakar : Arrivée à la cité mythique, Tombouctou, appelée "ville des hommes libres", elle fit cette réflexion qui ne peut qu'attiser la curiosité et l'appétit des touristes en quête d'exotisme : " Il est des lieux que la seule évocation réveille en chacun de nous des sentiments mêlés d'épopée, de conquête, de richesse et de puissance. Qui n'a jamais rêvé en entendant "Tombouctou", ville mythique, carrefour de la caravane des civilisations, nichée dans les sables quelque part. "Le voyageur qui s'aventure dans cet immense désert ne peut, en effet, qu'être saisi d'une intense émotion devant le spectacle d'une nature en même temps grandiose et revêche, inspirant en même temps méfiance et fascination. Tout autour de Tombouctou, fief clément de ce désert infini, carrefour et plaque tournante obligée de caravaniers sillonnant l'espace subsaharien, s'étend l'immense Sahara. C'est là où habitent les Touaregs.

Peuples fiers de nomades, les Touaregs se montrèrent au fil des siècles rebelles à tout mélange avec les ethnies qui les entourent : les arabes du Maghreb au nord, les"Noirs" d'Afrique au sud. Nommés ainsi par les Arabes, il faut dire que la réalité de leur culture est méconnue, sinon escamotée par certains clichés à saveur exotique colportés par les voyageurs européens qui viennent découvrir le désert.

Certains historiens arabes les disent descendre des tribus berbères refoulées dans le désert par les invasions des Beni Maqil au 11 ème Siècle. Quant à Léon l' Africain, il fixe leur migration vers le sud, l' Aïr au 14 ème siècle, migration les entraînant jusqu'à la boucle du Niger, à Tombouctou et à Gao, pour s'imposer enfin au Mali vers le 15ème Siècle. Au début de l'expansion coloniale, les Touaregs sont sollicités par certains explorateurs européens qui essayèrent d'entrer en contact avec eux pour conclure des traités commerciaux. C'était sans compter avec le caractère rebelle de ces hommes réputés porter un long voile sur le visage (le litham) pour se prémunir contre les sables du vent, ils barrèrent farouchement la route à tous ceux qui voulaient contre leur gré traverser le Sahara, d'où le massacre de la division Flatters, en 1880, de sorte que la conquête du Sahara centrale, bastion des Touaregs, par les armées coloniales ne fut pas entreprise aisée. Les militaires français durent convenir qu'ils avaient affaire à une armée de guerriers courageux et bien organisée, de sorte que lors du partage de l'Afrique au début du 20ème siècle, le Sahara fut la dernière région conquise par les colonisateurs. Mais lances et sabres durent finalement se plier devant la supériorité des armes à feu.

 

Par Jaouad Mdidech

 

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