Déclaration contre la répression raciste de l’Etat malien contre la minorité « tamashek » de l’AZAWAD
lundi 15 novembre 2010 par Mouvement des sans voix popularité :
Réunis dans la ville historique de Tombouctou du 31 octobre au 1er novembre 2010, pour exprimer leur position sur la totalité des défis auxquels fait face depuis plus de 50 ans le nord du Mali, et pour proclamer la création de leur nouveau mouvement dénommé : Mouvement national de l’AZAWAD (MNA), deux des dirigeants du MNA ont été arrêtés par la sécurité d’Etat, et transférés à Bamako la capitale du Mali pour séparatisme.
Pour dénoncer cette entrave grave à la liberté d’organisation, et d’association, la liberté d’expression pourtant garantie par la constitution de la République du Mali, les ressortissants de l’AZAWAD ont organisé vendredi 12 novembre 2010 devant la cour d’appel de Bamako un sit-in pacifique pour exiger la libération des militants arrêtés. Très rapidement, et sans autre forme de procès, les policiers du 7eme, et 13eme arrondissement ont violement réprimé le dit sit-in à coup de matraque, et de fouet : bilan quatre militants du MNA arrêtés, et plusieurs blessés.
Dans sa politique de répression contre « les tamasheks », l’Etat malien accuse ces « oubliés » de la République de séparatisme, de cession... Nous rappelons que cette politique « d’apprenti sorcier » n’est autre qu’une volonté manifeste de déplacer la vérité pour instaurer un régime d’exception au nord du Mali dans le but de servir les intérêts géopolitiques de certains pays de la sous- région qui sont à la base même du terrorisme, du trafic de drogue, et du contrebande faisant le nord du Mali un « nid » des terroristes- islamistes, et un noman’sland ou régnait une violence terrible contre les populations nomades- autochtones.
De même le nord du Mali de par sa position géostratégique est devenu un lieu convoité par les Etats- unis, l’Union Européenne, et d’autres pays maghrébins enfin d’installer les bases militaires et empêcher les subsahariens d’atteindre les côtes de l’Europe. Le peuple de l’AZAWAD dans sa lutte contre l’injustice dont il est victime a constaté à juste titre que :
La tragédie que ce peuple a vécu de part son passé et l’étape cruciale qu’il traverse aujourd’hui sur les plans politiques et socio-économiques ; La marginalisation et l’exclusion dont il est victime, la militarisation, l’encouragement de déplacements ; tout cela dans le silence total et dans l’indifférence des leaders communautaires ;
L’Azawad est devenu aujourd’hui un espace de conflit et d’influence entre des pays qui ont l’oeil sur leurs intérêts et les groupes extrémistes ; Il est devenu l’objet des interventions régionales et internationales, chacun selon ses intérêts et son agenda propre, aucun rôle pour le peuple de l’Azawad excepté celui du spectateur incapable.
C’est en dénonciation de cette situation qu’a eu lieu le congrès fondateur du MNA (Mouvement national de l’AZAWAD) à Tombouctou pendant lequel deux de leurs ont été arbitrairement arrêtés, le Mouvement des Sans Voix qui a participé au sit-in réprimé appelle à la libération sans condition des prisonniers d’opinion des militants du MNA. Lance un appelle à l’Etat malien de respecter les droits sociaux, économiques, et culturels des populations autochtones.
Bamako, le 13 novembre 2010
Pour le Mouvement des Sans Voix
Tahirou Bah Secrétaire Général