Attaques des familles tamasheq à cause de la couleur de leur peau
Les événements qui se sont déroulés récemment à Bamako prouvent que les tamasheq sont considérés comme des citoyens de seconde zone. Comment la population de Kati et de Bamako s’est mise à s’attaquer à des paisibles populations tamasheq qui vivent avec eux pendant des décennies qui ont quitté chez eux pour venir contribuer au développement de ces localités ? Les sudistes ont tendance à dire que les tamasheq sont des racistes mais avec le temps ils nous ont montrés le contraire.
Les premières victimes de cette tragédie sont respectivement: Zakiyatou Ouallett Halatine, ancienne Ministre de l'Artisanat et du Tourisme tôt le matin une foule s’est rendu à son domicile à Kati, après l’avoir pillé la foule a mis le feu ; ce fut ensuite le tour du capitaine Aboubacrine qui subit le même sort ensuite ce le tour du Docteur Elmahdi Ag Hamady sa pharmacie et sa clinique ont été saccagées et pillées par la foule. Ces paisibles citoyens qui travaillent dignement pour subvenir à leurs besoins et servir leur pays ont vécu un cauchemar à cause de la couleur de leur peau. Ils vivent en bonne intelligence depuis plusieurs années à Kati avec ces populations qu’ils considèrent comme des frères. Toute personne de couleur blanche est considérée comme un rebelle du MNLA.
C’est après ces événements que le président de la république a fait son allocution à la télévision nationale : « Je voudrais convier toutes les Maliennes et tous les Maliens à savoir faire la part des choses. Ceux qui ont attaqué certaines casernes militaires et localités au Nord ne doivent pas être confondus avec nos autres compatriotes Touareg, Arabes, Songhoï, Peulh… qui vivent avec nous, qui vivent nos difficultés, qui ont choisi le Mali… Ne faites pas d’amalgame entre celui qui a tiré là-bas, sur un poste militaire, et un autre malien qui, ici, travaille et s’occupe dignement de sa famille. ». Il était déjà trop tard lorsque le président ATT a prononcé ce discours, pendant ce discours plusieurs familles tamasheq et arabes font leurs valises pour quitter au plus vite la capitale et alentours d’autres ne savent même quelle destination prendre. Il doit prononcer ce discours avant l’éclatement de la tragédie comme celui de à Diéma en mai 2006.
Les premières familles qui ont quittés tôt la capitale sont celles des hauts fonctionnaires de l’Etat. Ceux qui sont restés à Bamako sont devenus des vampires ils ne sortent que pendant la nuit, par peur d’être aperçu et abattu par la foule enragée. Au moment où nous ne mettons à l’écriture de cet article la capitale est quasiment vide de sa population blanche pour prendre refuge dans des pays limitrophes : Burkina Faso, Mauritanie, Niger, Algérie… par voie terrestre ou aérienne.
A ces événements s’ajoutent ceux des années précédentes les Touaregs ont toujours été des citoyens de seconde zone aux yeux de leurs frères : les noirs. Les assassinats perpétués par l’armée malienne dans les années 92 sur la population civile touarègue resteront gravés dans nos mémoires et dans les annales de l’histoire. C’est pourquoi les familles tamasheq se sont mises à l’abri, ils ont peur que ces mêmes assassinats se répètent.
Quant aux femmes militaires de Kati et ailleurs, je leur dirais que si leurs maris manquaient de provisions au front ceux-ci ne regardent que celui qui les déploient sur le terrain. Les tamasheq auxquelles elles se sont attaqués à Kati n’ont rien avoir avec eux alors ne vous trompez pas d’ennemis. Au même titre que les peaux blanches se trouvent au Sud, les peaux noires aussi se trouvent au Nord ; si vous vous attaquez aux tamasheq ceux-ci peuvent se venger sur les civils qui se trouvent au Nord : imaginer la suite… Alors ne faîtes pas l’amalgame qui pourra déclencher une guerre civile.
Je préfère m’arrêter là, pour ne pas perdre les pédales et dire des bêtises.
Ahmed Ag ZOUEMAR
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