Accord entre le MNLA et Ançar Eddine au nord du Mali : Ag Hamed Ahmed : «La seule divergence porte sur le contenu du communiqué final»

Publié le par letouareg.over-blog.fr

Prévue pour mercredi, au plus tard jeudi, l’annonce du communiqué final portant accord entre le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et le groupe islamiste Ançar Eddine, n’a pas eu lieu.


Chargé du bureau d’information du MNLA, Bekay Ag Hamed Ahmed nie tout échec des négociations entre les deux parties et parle de «mésentente d’ordre formel» sur le contenu du communiqué final.


Installé à Gao et chargé de suivre de près les négociations entre l’organisation islamiste Ançar Eddine et son mouvement, dont il est le président du bureau de l’information et des médias, Bekay Ag Hamed Ahmed a, dans une déclaration (par téléphone) à El Watan, nié les informations ayant alimenté la presse internationale selon lesquelles l’accord entre les deux parties a été rompu par le MNLA.


Cette affirmation a été annoncée dans un communiqué signé par Hamma Ag Mahmoud, membre du bureau politique du MNLA faisant état de désaccord sur l’application de la charia telle imposée par Ançar Eddine dans tout le Mali, alors que le MNLA, dans ses premières déclarations, revendiquait la laïcité et la création d’un Etat dans les limites de la région naturelle de l’Azawad, s’étendant du nord-est au nord-ouest du Mali.


«Le bureau politique du MNLA, devant l’intransigeance d’Ançar Eddine sur l’application de la charia dans l’Azawad, et pour être fidèle à sa ligne de conduite résolument laïque, dénonce l’accord en date du 26 mai 2012 avec cette organisation et déclare nulle et non avenue toute disposition y afférent», lit-on dans le document signé par Hamma Ag Mahmoud.


Ce que Bekay Ag Hamed Ahmed rejette en disant : «Ni Ançar Eddine ni le MNLA n’ont décidé de se retirer de l’accord signé il y a une semaine. Le seul problème qui a surgi est lié à la rédaction du communiqué final. Des divergences sont apparues dans le choix du contenu de la déclaration devant être rendue publique. Il s’agit de divergences sur la terminologie, les phrases devant être utilisées. Ançar Eddine tient à introduire son propre lexique et le MNLA insiste pour un texte responsable destiné au front interne, mais également à la communauté internationale.» Il ne met pas de gants pour s’attaquer aux auteurs de la «campagne de désinformation» en disant : «Ceux qui sont derrière cette désinformation ne représentent pas le MNLA. Ils sont soit en Mauritanie, soit en France et ne peuvent parler qu’en leur nom personnel.»


Désinformation


Et de préciser : «Hamma Ag Mahmoud n’est qu’un membre du bureau politique. Il ne peut engager que sa personne et non le MNLA. Il n’a donc pas à parler au nom du mouvement. L’accord que l’organisation a signé avec Ançar Eddine n’est pas remis en cause. Aucune des deux parties ne s’est retirée. Néanmoins, lors de la rédaction du communiqué final, des divergences sont apparues entre le MNLA et Ançar Eddine. Une autre réunion a eu lieu vendredi, reprise aujourd’hui (ndlr samedi) et nous espérons qu’un accord sera trouvé d’ici fin de journée. Les détails relèvent plus de la forme que du fond. Par exemple, Ançar Eddine veut mettre en relief l’orientation islamiste ou religieuse, alors que le MNLA veut plutôt insister sur la démocratie et le respect des différentes communautés. Si dans une journée ou deux, nous n’arrivons pas à trouver un consensus, chacune des deux organisations reprendra son appellation originelle et nous commencerons à mettre en exécution l’accord signé il y a une semaine entre Iyag Ag Ghaly et le secrétaire général du MNLA, Billal Ag Cherif.»


Interrogé sur le devenir du Conseil de transition prévu à la faveur de l’accord entre le mouvement et Ançar Eddine, le président du bureau de l’information du MNLA,  Bekay Ag Hamed Ahmed, répond : «Il n’a aucune relation avec le communiqué final et la mise en place du conseil transitoire de la République islamique de l’Azawad. Il sera composé des représentants du MNLA et de Ançar Eddine, et son installation viendra incessamment, la semaine prochaine, et ce, indépendamment d’un accord ou non sur le contenu du communiqué final.» Il exprime son «optimisme» quand aux débats des travaux d’hier et insiste sur le fait que «les conditions acceptées par Ançar Eddine restent inchangées». Pour lui, c’est le plus important. Le communiqué final «n’est qu’une étape formelle», conclut notre interlocuteur.
 

Salima Tlemçani

 

EL WATAN

 

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